Un animal territorial
Le chat est avant tout un animal territorial. Un ancrage à son environnement est donc essentiel à son équilibre. Il a besoin de pouvoir organiser son territoire en champs d’activités (chasse, repos, …) et d’une certaine stabilité.
Cette organisation sera marquée par le chat à l’aide de signaux : principalement des phéromones (en particulier faciales), des griffades et des urines. Un déménagement, un changement de tapisserie, de meuble… peut provoquer des troubles de comportement du chat.
Le territoire du chat se divise en plusieurs champs : des zones de repos, balisées par des griffades, où il peut s’isoler (le chat dort entre 14 et 16 heures par jour) des zones de chasse, marquées par des urines des zones d’élimination, où le chat fait ses besoins des zones de jeu des zones d’interaction des passages marqués par des phéromones faciales, qui relient ces zones Certains champs peuvent être partagés (comme les champs de jeu et d’interaction), d’autres non (comme les zones de chasse).
Un animal qui peut être social Le chat est un animal indépendant et solitaire, mais s’il y a nécessité de rassemblement autour des ressources alimentaires et/ou s’il en a fait l’expérience précocement, le chat peut créer des groupes sociaux, de type matriarcal ou en fratries. Cependant, il y aura toujours une structuration du territoire, et même s’il vit en groupe, le chat chassera toujours seul. Il peut aussi y avoir des rassemblements temporaires, qui sont différents des groupes sociaux.
La position de soumission n’existe pas chez les chats, il aura plutôt tendance à adopter des mesures d’évitement pour désamorcer les conflits. Quand le chat se met sur le dos ou sur le côté, ce n’est pas une position de soumission, mais une posture d’agression défensive.
Le chat peut avoir un comportement affiliatif vis-à-vis des congénères qu’il apprécie, caractérisé par des léchages mutuels, de l’allomarquage (dépôt de phéromones destinées se reconnaître), des jeux, etc. Ce sont des associations préférentielles, librement choisies qui structurent et cimentent le groupe.
L’arrivée d’un nouveau chat dans une famille peut être difficile pour le chat déjà présent. En effet, un nouveau chat signifie à la fois un compagnon imposé, mais aussi un territoire restreint et de la concurrence à tous les points (sexuelle notamment, un chaton sera plus facilement accepté).
Si l’on souhaite mettre en contact 2 chats qui ne se connaissent pas, il faut : réserver une pièce au nouveau venu et l’y cantonner quelques jours faire venir le chat résidant dans la pièce du nouveau en son absence et mettre pendant ce temps le nouveau dans les lieux communs une fois les chats familiarisés avec les nouvelles odeurs, on laisse tout l’espace accessible aux deux, mais il faut que de nombreuses cachettes et zones d’isolement soient disponibles ne pas s’inquiéter s’il y a quelques signes d’agressivité à distance mais intervenir s’il y a des griffures ou des morsures non inhibées répétées les récompenser quand ils ont une interaction positive et utiliser des phéromones de synthèse. La médicalisation est parfois nécessaire Le chat a une communication visuelle, olfactive, tactile et auditive. a. L’agression chez le chat Le chat agressif essaie de sembler plus gros qu’il ne l’est vraiment pour susciter la peur et le respect chez son adversaire. Il produit de la salive dans sa bouche puis « crache ». Il marche de biais, « en crabe », tout en hauteur sur la pointe de ses pattes. La queue est basse mais relevée à hauteur des jarrets et le poil se hérisse. Les oreilles sont toutes droites, et orientées vers l’extérieur, parfois rabattues en arrière. Les griffes sont sorties.
Il existe six types d’agression différents chez le chat : l’agression par jeu l’agression par peur l’agression due à un état pathologique (douleur, prise d’une substance toxique, etc…) l’agression territoriale (bagarres entre mâles, femelle qui refuse le mâle, etc…) l’agression par réorientation : par exemple, un chat voit une souris à l’extérieur par la fenêtre, il ne peut pas l’attraper et donc s’énerve jusqu’à aller griffer les jambes de son propriétaire l’agression par irritation : le chaton va accepter la caresse un certain temps puis il va se défendre en considérant qu’il est victime d’une contrainte de la part du propriétaire.
D’une manière générale, le chat ne supporte pas les contacts forcés Afin d’éviter d’en arriver à une agression, il faut savoir repérer les signes qui montrent que le chat commence à être irrité : la queue du chat s’agite, il tient sa tête droite, les yeux ouverts ou mi-clos, ses oreilles sont tournées vers la source de sa gêne ou sur les côtés, ses pattes sont rentrées sous lui, prêt à se relever. Dans ce cas, il faut lui laisser de l’espace. b. Signes de stress En cas d’émotion négative (situation désagréable), le chat aura tendance à avoir les yeux grands ouverts et à se lécher la truffe, immobile. Le stress provoque une mydriase (pupilles dilatées) voire des halètements. Le chat pourra saliver ou au contraire avoir la bouche sèche, transpirer au niveau des pattes et même, dans les cas extrêmes, uriner ou déféquer.
Si le chat a peur, ses oreilles seront en arrière, il feulera et il cherchera à fuir. c. Comportements néoténiques Les relations affiliatives entre le chat et l’homme sont basées sur le jeu, le contact et les rituels alimentaires. Dans l’établissement de ces relations, les comportements néoténiques (conservation des caractéristiques juvéniles chez les adultes) comme le ronronnement ou le pétrissage sont très importants et ont un rôle d’apaisement. d. Les phéromones Les phéromones sont des substances chimiques émises par le chat. Lorsqu’un chat se frotte les joues et les flancs contre les jambes ou un pied de meuble, il dépose des phéromones secrétées par des glandes qui se trouvent dans les joues et à la base de la queue. Lorsque le chat repasse au même endroit, ou s’approche de la même personne, il capte la présence de ces phéromones, qui vont agir directement sur le centre des émotions, et provoquer un apaisement chez le chat.
Il existe deux types de phéromones : celles qui sont émises quand l’animal se frotte aux gens et est serein (phéromones F4) et celles qu’il dépose sur les objets (phéromones F3). e. Le flehmen En présence de certaines odeurs (urine d’autres chats notamment), les chats adultes manifestent un comportement particulier : le flehmen. Après avoir humé voire léché l’endroit odorant, ils frappent plusieurs fois avec la pointe de leur langue leur palais, derrière les incisives supérieures, où se trouve l’organe voméronasal (ou organe de Jacobson), et gardent la bouche entrouverte. C’est organe est spécialisé dans la détection des phéromones, molécules que le chat utilise pour communiquer.
